Orthopédie de l'enfant (scoliose et pieds)

Octobre 2004

Toute déformation scoliotique porte en elle les conditions mécaniques de sa propre aggravation. Stabilité ou aggravation traduisent la réponse des structures cartilagineuses, ostéo-articulaires, disco-ligamentaires et musculaires à ces conditions mécaniques anormales. Le métabolisme de ces structures, qui conditionne leurs propriétés physiques, subit des différences très sensibles au cours de la vie et tout particulièrement au moment de la puberté et au cours du vieillissement, de sorte qu'il existe des périodes d'aggravation sévère qui justifient une vigilance toute particulière pour que des poussées évolutives brutales soient détectées à temps et que soient mis en route les traitements nécessaires.

L'aggravation impressionnante de certaines scolioses au cours de la vie adulte incite à traiter les scolioses lorsqu'elles sont détectées au cours de la croissance. En effet, s'il est prouvé que les traitements orthopédiques stoppent le processus évolutif, ils ne font que restituer le rachis dans l'état approximatif de sa prise en charge. Ceci amène à souhaiter commencer les traitements orthopédiques pour des scolioses encore mineures. Commencés à petit angle, les traitements orthopédiques sont efficaces et bien supportés, mais ils sont lourds, tant sur le plan psychologique, que sur le plan économique. Une décision de traitement ne peut donc se justifier, que si l'on est certain que la scoliose concernée est vraiment évolutive. Or, parmi les scolioses, seulement 2 pour mille font la preuve de leur évolutivité, d'où le risque de se tromper en prenant à ce stade une décision théra-peutique. Dans ces conditions, il importe de définir les paramètres qui autorisent un pronostic, non pas à l'échelon d'une population de scoliotiques, mais à l'échelon de l'individu concerné par la scoliose.

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